09 Nov' 16

Contractant général: le modèle de l’avenir

Largement répandue aux États-Unis, cette profession établie depuis une dizaine d’années en France déroute les schémas les plus traditionnels du secteur du bâtiment.

Solidement ancré dans la culture anglo-saxonne (l’architecte est d’ailleurs désigné comme « Architect General Contractor »), cet exercice a mis un certain temps à s’installer en France. Le modèle français a longtemps considéré que l’acte de bâtir relevait de diverses expertises et que celles-ci ne pouvaient être concentrées et détenues par une seule entité.

Or, la contractance générale prêche exactement l’inverse. L’architecte contractant développe une société commerciale en parallèle de sa profession libérale et s’entoure d’entreprises partenaires. Celles-ci lui permettent de répondre à toutes les problématiques d’ordre technique, économique, environnemental et ce, quel que soit la nature du projet de construction.

Une autre différence fondamentale qui crée encore un peu plus la fracture entre contractant général et entreprise générale repose sur la nature même de leur lien contractuel avec le client. À l’inverse d’une entreprise générale le contractant général s’engage à respecter les délais, prix et accords définis avec le client.

Cette obligation de rigueur garantit à ce dernier que rien ne sera modifié sans un accord écrit préalable, qu’il s’agisse d’une modification des dispositions contractuelles, du délai de réalisation ou du prix de la prestation. C’est aussi ce lien contractuel qui fait du contractant général l’interlocuteur privilégié des différentes parties prenantes, du maître d’ouvrage aux entreprises avec lesquelles il a choisi de traiter.

En ce qui concerne le prix, le contractant général est plus à même d’optimiser ses coûts, en raison du fait qu’il choisit lui-même les entreprises adaptées à la taille du projet. D’autre part, les coûts ne sont pas majorés car il ne prélève pas de frais généraux, contrairement aux entreprises générales.

L’architecte-maître d’oeuvre aura quant à lui une marge de manoeuvre limitée, sa situation ne lui permettant pas de s’engager sur les délais en raison de sa dépendance à l’égard des entreprises avec qui il travaille. Son planning prévisionnel lui impose de respecter les engagements de chaque entreprise, il lui sera donc impossible de se lier contractuellement sur un prix ferme puisqu’il n’est pas en mesure de garantir un délai.

C’est l’ensemble des obligations qui pèsent sur le contractant général qui amènent ce denier à travailler de concert avec les différents intervenants, de l’entreprise à l’ingénieur, en passant par le responsable maintenance ou le fournisseur d’énergie. Quoiqu’il en soit, ce nouveau modèle séduit déjà, les nombreuses obligations pesant sur le contractant font office de filet de sécurité et rassurent le client.